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Philippe Claudel



Philippe Claudel
© Benjamin Decoin
Biographie - Bibliographie

Philippe Claudel est né en 1962 à Dombasle-sur-Meurthe, petite commune industrielle de Lorraine. Son père, ancien résistant, était gardien de la paix et sa mère ouvrière en confection. Après des études au Lycée Bichat de Lunéville, où il est interne, et l’obtention d’un baccalauréat scientifique, il fait la fête pendant deux ans, perdant son temps, son peu d’argent gagné comme surveillant, distributeur de prospectus, manœuvre sur des marchés itinérants, représentant en parfums contrefaits, cobaye pour l’industrie pharmaceutique, bête de somme sur des chantiers. Il participe à la création de deux radios libres, vole un œuf dans une boulangerie pour faire mentir le proverbe, travaille sur des courts métrages comme pâle scénariste et médiocre acteur, écrit des poèmes sans intérêt, dessine, lit énormément, chante comme choriste dans un éphémère groupe punk, et finit par boire une bouteille de gin par soir. Ayant presque touché le fond, il refait surface en 1983 grâce à une femme - la sienne – et entreprend des études de littérature, d’histoire de l’art et de cinéma à l’Université de Nancy, qui s’achèveront quelques années plus tard par l’obtention de l’agrégation de lettres modernes et la soutenance d’une thèse de doctorat en littérature française consacrée à André Hardellet. Il enseigne en collège, en lycée, dans des hôpitaux auprès d’enfants malades, pendant douze ans à la maison d’arrêt de Nancy et pendant quatre années dans un établissement spécialisé pour enfants handicapés. Ces différentes expériences humaines le marquent profondément et contribueront à nourrir et modifier sa vision de l’humanité et, par-delà, son écriture. Pendant ces années, il voyage, pratique l’alpinisme de haut niveau - sa grande passion depuis l’adolescence - le triathlon, écrit, peint, lit, photographie. Il perd ses cheveux et publie son premier roman, Meuse l’oubli, en 1999 aux éditions Balland, grâce à l’attention bienveillante de Jean-Claude Pirotte. Sur la demande d’Yves Angelo rencontré alors, il travaille comme scénariste. Cette collaboration aboutira notamment au film Sur le bout des doigts réalisé par Yves Angelo en 2002 et sera le début de son travail constant pour le cinéma, comme scénariste et consultant. En 2001, il est nommé maître de conférences en littérature et anthropologie culturelle à l’Université de Nancy II – aujourd’hui Université de Lorraine - où il enseigne toujours à temps partiel, en particulier l’écriture scénaristique au sein de l’IECA – Institut Européen de Cinéma et d’Audiovisuel. Depuis 1999, Philippe Claudel a publié près d’une trentaine de livres – romans, récits, nouvelles, poèmes. Si son principal éditeur et ami est Jean-Marc Roberts qui le publie chez Stock, il tient aussi à travailler avec des maisons d’édition de taille plus modeste, qui prennent à cœur de composer de beaux livres objets (Aencrage&Co, La Dragonne, Nicolas Chaudun Editions, Filigrane, Circa 1924). En 2003, il obtient le Goncourt de la Nouvelle pour Les petites mécaniques, recueil paru au Mercure de France, et le prix Renaudot pour Les âmes grises (Stock), qui recevra aussi, entre autres prix, Le Grand prix des Lectrices de Elle. Depuis cette date, les principaux livres de Philippe Claudel seront traduits dans le monde entier. En 2007, son roman Le Rapport de Brodeck remportera le Goncourt des Lycéens. En 2008 sort sur les écrans son premier film, Il y a longtemps que je t’aime, avec Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein, qui obtiendra un grand succès en France couronné par deux César, et une reconnaissance internationale ainsi que de très nombreuses récompenses dont deux nominations aux Golden Globes et le Bafta du meilleur film étranger. Son deuxième film, Tous les soleils avec Stefano Accorsi, Neri Marcorè, Anouk Aimée et Clotilde Courau sort avec succès en 2011. Il est aussi l’auteur à ce jour de deux pièces de Théâtre, un vaudeville, Parle-moi d’amour, créé en 2009 à la Comédie des Champs Elysées par Michel Fagadau avec Caroline Sihol et Michel Leeb, et Le paquet créé au Petit théâtre de Paris en 2010, avec Gérard Jugnot dans une mise en scène de l’auteur. Philippe Claudel réside toujours à Dombasle sur Meurthe, dans le paysage de son enfance, paysage de fumées d’usine, de rivières, de canaux, de vergers et de champs nus, de brouillard et de visages familiers parfois marqués par la dureté de la vie. Il voyage pour les traductions de ses livres et les sorties de ses films, joue épouvantablement de la guitare, écrit, peint, photographie, rêve, lit avec un appétit insatiable et une curiosité toujours neuve les romans des autres mais ne lit jamais ce qui s’écrit sur lui, prépare de nouveaux films, de nouvelles pièces de théâtre, un ballet avec la chorégraphe Joelle Bouvier, de nouveaux livres, boit du vin, va parfois encore à la pêche sur les berges de la Meurthe, de la Moselle ou du Sânon, là même où il allait quand il avait sept ans, tente de transmettre à ses étudiants le peu qu’il sait, aux hommes et aux femmes qu’il croise un peu de chaleur, et à sa fille et à sa femme tout son amour.