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mardi 5 avril 2016
Sélection pour le Goncourt du 1er roman et de la nouvelle
Goncourt du 1er roman 2016 :
En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut Finitude

Le grand marin de Catherine Poulain, l’Olivier

Wanderer de Sarah Léon, Heloïse d’Ormesson

Bianca de Lou Robert – Editions Julliard

Goncourt de la nouvelle 2016:
Histoires de Marie Hélène Lafon,Buchet-Chastel

Bonnes nouvelles de Chassignet de Gérard Oberlé, Grasset

Une chance unique de Erwan Desplanques l’Olivier

33 chambres d’amour de Francois Emmanuel, Seuil

vendredi 18 mars 2016
La Liste Goncourt/ Le Choix de l'Italie
a été attribué à Delphine de Vigan pour D'Après une histoire vraie JC. Lattès

lundi 25 janvier 2016
Discours de Bernard Pivot
Avant de devenir écrivain – un grand écrivain – c’est à la mort qu’est accordé ou pas l’adjectif grand - avant de devenir le romancier de ces trois chefs d’œuvre : Vendredi ou les limbes du Pacifique, Le Roi des aulnes, Les Météores, Michel Tournier avait travaillé aux Editions Plon.
Un peu comme traducteur de l’allemand, un peu comme conseiller littéraire, un peu comme attaché de presse. Pour exercer ces trois peu qui faisaient beaucoup, il avait un bureau où, jeune journaliste, j’allais bavarder avec lui. Il me racontait des anecdotes, des histoires sur les écrivains qu’il publiait ou qu’il connaissait, et de ces histoires amusantes je faisais des échos dans Le Figaro littéraire.
Un jour, il m’a raconté – mais avec interdiction de l’écrire – que, quelques années auparavant, le directeur général de Plon, Charles Orengo, l’avait fait venir dans son bureau et lui avait dit : Nous allons publier les Mémoires de Guerre, du général de Gaulle. C’est encore confidentiel. C’est vous qui serez chargé de la promotion du livre. Il est hors de question, évidemment, de déranger le général. Ce n’est donc pas à lui que vous aurez affaire, mais à un homme de confiance qu’il a désigné !
- Qui est-ce ? a demandé Michel.
- Je ne me souviens plus du nom, a répondu le directeur de Plon. Ce doit être un aide de camp quelconque. J’ai noté son nom quelque part.
Et Michel imitait Charles Orengo fouillant dans la paperasse de son bureau, s’énervant de ne pas trouver. Et puis, enfin :
Ah, voilà ! Il s’appelle… voyons, voyons, il s’appelle …
Pompou … ah ! Pompidou.
Ton rire Michel ! Ton rire !
Et ton si beau sourire.
Le passage soudain de Georges Pompidou du presque anonymat à la célébrité, Michel Tournier l’a vécu aussi, en 1967.
La publication, chez Gallimard, de Vendredi ou les limbes du Pacifique a d’emblée imposé son nom dans la littérature. Ce n’est pas toutes les années qu’on a la certitude de voir naître un écrivain majeur, avec une œuvre devant lui ! A la barbe et à la colère de l’académie Goncourt, l’Académie française lui a décerné son grand prix du roman.
Trois ans après, en 1970, les Goncourt le couronnaient, exploit unique, à l’unanimité, pour Le Roi des aulnes. Et seulement deux ans après, en 1972, Michel Tournier était élu à l’académie Goncourt, alors que l’Académie française l’avait déjà sollicité.
Pourquoi ce choix ? Michel a répondu dans Le vent Paraclet.
« J’apprenais à écrire en prenant modèle sur Jules Renard, Colette, Henri Pourrat, Châteaubriant, Giono, Maurice Genevoix, ces poètes de la prose concrète, savoureuse et vivante dont le patronage explique que je me sente chez moi en cette académie Goncourt si obstinément naturaliste et terrienne. »
J’imagine qu’une autre raison a dû pousser Michel Tournier à rejeter les avances de l’Académie française : l’écrivain qu’il a toujours considéré comme son modèle, son maître, Emile Zola, s’est présenté 19 fois sous la Coupole et 19 fois il a été recalé !
Refuser le fauteuil que l’Académie française lui proposait, c’était venger Zola !
Michel Tournier est resté pendant 38 ans à l’académie Goncourt, ajoutant son prestige, sa culture, sa lucidité, sa curiosité, son humour, son expérience à notre société.
Pendant 38 ans, il a eu la générosité, souvent au détriment de l’écriture de son œuvre, de lire ses confrères romanciers, les nouveaux comme les anciens.
Il en a fait des découvertes !
Parfois, à l’étonnement des 9 autres membres du jury…
Il était très difficile de l’influencer, alors qu’il ne renonçait jamais à nous enrôler à son choix. Michel Tournier a été l’un des membres les plus actifs, les plus influents et les plus aimés de l’académie Goncourt.
En 2010, il nous a quittés parce que venir à Paris était devenu pour lui une épreuve physique, une contrainte insupportable. De ce moment, il a préféré rester dans son presbytère et son jardin de Choisel.
Tu en parlais si bien, Michel, de ton presbytère et de ton jardin !
Voici l’éloge que tu en faisais, déjà, en 1977, à la dernière page du Vent Paraclet :
« Au jardin en fleurs succède le jardin fruitier, puis il se couvre des rousseurs de l’automne, et l’un de ses plus purs avatars est le jardin- sous-la-neige. L’homme-jardin vieillit bien. Il prend de la bouteille et son visage s’enrichit de chacune de ses rides. Le cimetière qu’il voit de sa fenêtre, s’il habite un presbytère, est un autre jardin. Quant à l’absolu jardinier, il ne s’étale pas dans une durée infinie, il se contracte dans un instant mystique.
C’est le parti que j’ai choisi. Mon jardin couvre deux mille mètres carrés, superficie idéale, car ainsi je peux tout juste venir à bout de son entretien sans l’aide d’un jardinier. Sa forme carrée et les vieux murs qui l’entourent ajoutent à sa perfection. Mais dès qu’on parle jardin, il convient de dépasser la géométrie plane et d’intégrer la troisième dimension à notre méditation. Car l’homme-jardin par vocation creuse la terre et interroge le ciel. Pour bien posséder, il ne suffit pas de dessiner et de ratisser. Il faut connaître l’intime de l’humus et savoir la course des nuages.
Mais il y a encore pour l’homme-jardin une quatrième dimension, je veux dire métaphysique. Chaque matin d’été, en grillant mon pain et en faisant infuser mon thé devant la fenêtre grande ouverte par laquelle s’engouffrent et déferlent sur moi l’odeur des graminées et le souffle des tilleuls, je comprends soudain que le temps se contracte, que l’espace se limite à ces quelques pieds carrés, clos de pierre, qu’un être – mon jardin justement – s’épanouit seul dans une immobilité exorbitante qui est celle de l’absolu. La première touche du soleil levant se pose rose sur le tronc blanc d’un certain bouleau qui brille alors comme un corps de chair au milieu des sapins noirs. La terre, le ciel et, entre les deux, le fouillis végétal s’imposent souverainement. La fauvette courbe jusqu’au sol la tige du vieil églantier. Le hérisson s’endort serré comme un gros poing velu à l’ombre des cosmos. Tout humide encore de ses chasses nocturnes, la chatte vient vers moi à pas recueillis. Le présent s’éternise dans une imprévoyance et une amnésie divines. »

Bernard Pivot

samedi 23 janvier 2016
Discours de Régis Debray
Ce n’est pas tous les jours que la disparition d’une personne, et même d’une belle personne, nous donne le sentiment qu’avec elle quelque chose comme une époque, quelque chose de rare et de symbolique met à la voile et s’éloigne de nous. Quelque chose de très particulièrement français et qui nous fait ou nous faisait honneur à tous. Qu’est ce donc qu’elle incarnait d’aussi singulier, notre irrégulière nationale, la plus illustre des Marseillaises ? Elle a incarné la rencontre de ce qui n’était pas fait pour se rencontrer. De l’élégance la plus féminine avec un sens très viril, à l’ancienne, de la camaraderie ? Oui, mais pas seulement. De l’alliage de la politique et de la culture, un vieux couple séculaire dont le divorce semble aujourd’hui consommé ? Oui, mais pas seulement. De l’honneur rendu aux Belles-Lettres, à la lecture et au silence, dans un monde voué au bruit et aux images ? Oui, et Bernard Pivot, malheureusement empêché, se joint à moi, ainsi que Paul Constant et Marie Dabadie, pour vous en donner foi. Ce qu’illustrait l’épouse de Gaston Deferre et l’amie de Louis Aragon, de Jean Genet et de Maurice Druon est pour le moins insolite, autant que la rencontre en une même personne d’une directrice de Vogue et d’une caporale de la Légion étrangère.

Se retrouver au centre du Tout-Paris par ses fréquentations mais très loin des snobismes parisiens par ses calmes intransigeances – c’est le paradoxe Edmonde. La vente de l’Huma n’est pas à son plus haut rue des Saints-Pères. Elle avait de quoi cultiver son ego dans l’entre-soi d’un milieu aristocratique, avec une souriante indifférence pour les choses de ce monde, et elle a rallié, très tôt, envers et contre tout, un nous plébéien de militants et de combattants. Un nous d’Europe centrale et un nous de Méditerranée, où Suez, Rome, Alger et Rabat se donnent fraternellement la main. Les patriotes cosmopolites sont les meilleurs.

Qu’on puisse naître sous un nom de famille enviable, avec une cuillère d’argent dans la bouche, et se retrouver FTP à vingt ans, et à quatre-vingt, les pieds dans la gadoue à la Fête de l’Huma – cela veut dire que le destin d’un être humain n’est pas donné par sa généalogie ni par son milieu mais par son caractère et sa volonté. Cela veut dire la République. cela veut dire la liberté de l’esprit. Cela veut dire que le monde est ce que nous en faisons et non ce qu’il fait de nous.

Merci Edmonde. Avec toi, à travers toi, car on se tutoyait chez les Goncourt, c’est à un pan de notre histoire, c’est même à un trait de notre civilisation que nous adressons notre salut reconnaissant. Non pour les enterrer, ces valeurs en déroute, mais dans l’espoir que ton nom seul, ton prénom, Edmonde, nous donne désormais l’envie, le besoin de les voir un jour ressusciter. Je suis sûr que Marcantonio et les siens feront tout ce qu’il faut pour raviver, avec ta mémoire, ce désir en nous tous.

Régis Debray

Discours d'Olivier Nora
Ce n’est pas seulement l’éditeur qui est en deuil aujourd’hui : tout en ayant une pensée émue et affectueuse pour Marcantonio et les siens, j’ose dire que je me sens orphelin comme un familier.

Pour la maison Grasset, aux destinées de laquelle je ne préside que depuis quinze ans mais où elle a publié depuis cinquante ans, Edmonde,  c’était notre famille.

Pas seulement parce qu’elle y a donné fidèlement tous ses livres, dont je ne vous ferai pas l’injure de vous rappeler les titres, les sujets et les succès, puisque chacun d’entre eux est devenu un « classique » -je vous parle d’un temps où l’on pouvait marquer puissamment et durablement son époque avec une dizaine de grandes oeuvres dans toute une vie- mais parce que les familles d’Edmonde et de Jean-Claude Fasquelle étaient déjà indissolublement liées et amies par Marseille.

C’est dire que lorsqu’en 2000, adoubé patron de la maison par Jean-Claude Fasquelle, je fais la connaissance de cette jeune héroïne de 80 ans et de quarante ans mon aînée, dont Jean Rista,  Régis Debray et Jean-Pierre Chevènement vous parleront mieux que je ne saurais le faire, je suis follement intimidé. Et voilà que cette femme éternellement séductrice me fait le cadeau de son amitié : pas seulement en me tutoyant rapidement et en allant si vite à l’essentiel, mais en me dévoilant ce qui demeurera pour moi sa signature indélébile, et que j’appellerais « Le rire d’Edmonde ». Car avec Edmonde, je me permets de le dire en ce jour de chagrin parce qu’elle aurait été la première à ne pas vouloir être statufiée, je ne me souviens que de rires, de rires complices, de cascades de rires.

Vous avez tous à l’esprit l’énigmatique épisode biblique du rire de Sarah : elle a 90 ans, son époux en a 99, et lorsque trois anges annoncent à Abraham la naissance prochaine d’un fils, sa femme Sarah, qui surprend cette prophétie, rit. Que n’a-ton glosé sur la signification de ce rire de Sarah : signifiait-il la joie, l’incrédulité, la politesse du désespoir ? Foin des exégèses : pour moi, le rire d’Edmonde était celui de l’ironie souveraine et signait, selon la définition qu’en donne Jankélévitch, la « mauvaise conscience de l’hypocrisie ». Son rire décapait les faux-semblants et les mensonges, balayait les postures et les masques. Nul mieux qu’elle n’a maitrisé les codes sociaux avec tant d’élégance, dans tant de milieux, tant de langues et tant de pays, mais nul n’en était moins dupe.  Irréductiblement résistante, insoumise, indocile : c’était Edmonde riant de ceux qui ne savaient pas rire et riant comme ceux qui ont tôt défié la mort, qui se sont arrachés à la « souche », affranchis de leur déterminisme familial, et ont « coudé » leur vie pour mieux choisir librement leur destin.

Alors, à notre tour, réjouissons-nous avec elle et pour elle : cette grande aventurière, cette « Irrégulière » au sens où elle l’entendait dans le titre de son itinéraire Chanel, rejoint aujourd’hui en paix ses héroïnes, Adrienne, Coco, Isabelle Eberhardt ; elle va retrouver Gaston qui l’attend pour lui parler de Marseille. Et par une ironie de l’histoire, elle sera escortée sur sa route par un cortège à sa dimension : Ettore Scola, avec lequel elle va pouvoir partager sa passion pour l’Italie et le cinéma ; Pierre Boulez, avec lequel elle va pouvoir débattre furieusement de sa passion pour la musique, dont le Festival d’Aix garde le souvenir intact ; Michel Tournier, avec lequel elle va pouvoir converser de sa passion pour la littérature et pour le jury Goncourt.

Cet enfant que l’on annonçait à Abraham et à Sarah, Dieu lui-même le nomme Ytshak, qui signifie « Il rira ». Nous sommes tous un peu les enfants d’Edmonde et de ses œuvres.  

Je vous invite à rire avec elle : je crois que c’est ce qu’elle aurait voulu, je crois que c’est ce qu’elle aurait aimé…

Olivier Nora

jeudi 21 janvier 2016
Edmonde Charles-Roux est décédée mercredi 20 janvier au soir
à Marseille, auprès de son petit neveu, Marcantonio del Drago.

lundi 18 janvier 2016
Michel Tournier est mort lundi 18 janvier 2016 à 19h
dans son presbytère à Choisel entouré de sa famille adoptive Laurent et Marie-Claude Filiculis.

mardi 5 janvier 2016
Dans sa séance du 5 janvier 2016, l'académie Goncourt a élu
Eric-Emmanuel Schmitt au couvert d'Edmonde Charles-Roux et Virginie Despentes au couvert de Régis Debray.

mercredi 16 décembre 2015
Le Liste Goncourt/ Le choix de la Tunisie
a été attribué à Tobie Nathan pour Ce pays qui te ressemble Stock

mardi 1 décembre 2015
Le 28° Goncourt des lycéens

a été attribué à Delphine de Vigan D'après une histoire vraie JC Lattès

De gauche à droite: Bernard Pivot, Alexandre Bompard PDG de la Fnac, Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Éducation nationale, et Delphine de Vigan.

mardi 24 novembre 2015
Le Goncourt des lycéens sera attribué mardi 1er décembre.
FR3 annoncera le nom du lauréat en direct de Rennes à 12.45.

jeudi 12 novembre 2015
Le Liste Goncourt/ Le choix de la Suisse
a été attribué à Mathias Enard pour Boussole Actes Sud

mardi 3 novembre 2015
Le Prix Goncourt 2015
a été attribué à Mathias Enard pour Boussole, chez Actes Sud.

mardi 27 octobre 2015
Troisième sélection pour le prix Goncourt 2015
Nathalie Azoulai Titus n’aimait pas Bérénice P.O.L.
Mathias Enard Boussole Actes Sud
Hédi Kaddour Les Prépondérants Gallimard
Tobie Nathan Ce pays qui te ressemble Stock

lundi 26 octobre 2015
XVIIIe édition du prix "Liste Goncourt : le choix polonais"
Le prix "Liste Goncourt : le choix polonais" 2015, pour sa 18ème édition, a été attribué à Alain Mabanckou pour son livre Petit piment, Seuil.

dimanche 25 octobre 2015
L'académie Goncourt part pour Tunis.
Elle établira sa dernière sélection mardi 27 octobre depuis le Musée du Bardo. Cette liste passera de 8 à 4 titres.
Le prix Goncourt 2015 sera attribué mardi 3 novembre chez Drouant.

jeudi 8 octobre 2015
Rencontres du Goncourt des Lycéens à la BNF

N. Azoulai, N. Fargues, T. Reverdy, C. Angot et A. Mabanckou

jeudi 8 octobre 2015
Rencontres du Goncourt des Lycéens à la BNF

O. Bleys, I. Autissier, D. Tillinac, S. Liberati

jeudi 8 octobre 2015
Rencontres du Goncourt des Lycéens à la BNF

Les lycéens de la région parisienne sont venus rencontrer les écrivains à la BNF.

jeudi 8 octobre 2015
Rencontres du Goncourt des Lycéens à la BNF

Christine Angot et Alain Mabanckou

jeudi 8 octobre 2015
Rencontres du Goncourt des Lycéens à la BNF

Hedi Kaddour, Tobie Nathan et Jean Hatzfeld

mardi 6 octobre 2015
Deuxième sélection pour le Prix Goncourt 2015
Nathalie Azoulai Titus n’aimait pas Bérénice P.O.L.
Mathias Enard Boussole Actes Sud
Hédi Kaddour Les Prépondérants Gallimard
Simon Liberati Eva Stock
Alain Mabanckou Petit piment Seuil
Tobie Nathan Ce pays qui te ressemble Stock
Thomas B. Reverdy Il était une ville Flammarion
Boualem Sansal 2084 Gallimard

jeudi 3 septembre 2015
Première sélection pour le prix Goncourt 2015
Christine Angot Un amour impossible Flammarion
Isabelle Autissier Soudain, seuls Stock
Nathalie Azoulai Titus n’aimait pas Bérénice P.O.L.
Olivier Bleys Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes Albin Michel
Mathias Enard Boussole Actes Sud.
Nicolas Fargues Au pays du p’tit P.O.L.
Jean Hatzfeld Un papa de sang Gallimard
Hédi Kaddour Les Prépondérants Gallimard
Simon Liberati Eva Stock
Alain Mabanckou Petit piment Seuil
Tobie Nathan Ce pays qui te ressemble Stock
Thomas B. Reverdy Il était une ville Flammarion
Boualem Sansal 2084 Gallimard.
Denis Tillinac Retiens ma nuit Plon
Delphine de Vigan D'après une histoire vraie JC Lattès

mardi 2 juin 2015
Le Goncourt de la biographie 2015
a été attribué à Jean-Christophe Attias pour Moïse, fragile chez Alma

mardi 2 juin 2015
Conseils de lectures pour l'été 2015
Vassilis Alexakis La Clarinette Seuil
Raphaëlle Bacqué Richie Grasset
Michel Bernard Les Forêts de Ravel La Table ronde
François Bellec Le Testament de Lapérouse JC Lattès
Pierre Boncenne Le Parapluie de Simon Leys P. Rey
Alain Borer De quel amour blessée Gallimard
Teresa Cremisi La Triomphante Equateurs
Benoît Duteurtre La Nostalgie des buffets de gare Payot
Alexis Jenni La nuit de Walenhammes Gallimard
Gilles Lapouge Nuits tranquilles à Belem Arthaud
Jean Noël Liault Elsa Triolet et Lili Brik, les sœurs insoumises R. Laffont
Alexandre Postel L'Ascendant Gallimard
Tatiana de Rosnay Manderley for ever A.Michel-H. d’Ormesson
Thiphaine Samoyault Roland Barthes Seuil
Michel Tournier Lettres parlées à son ami allemand Helmutt Waller Gallimard

lundi 18 mai 2015
Sélection pour le Goncourt de la biographie 2015
Jean-Christophe Attias Moïse fragile Alma
François Chaslin Un Corbusier Seuil
Jean-Noël Liault Elsa Triolet et Lili Brik,
les sœurs insoumises
R. Laffont
Tatiana de Rosnay Manderley for ever Albin Michel
Thiphaine Samoyault Roland Barthes Seuil

jeudi 14 mai 2015
Liste Goncourt/Le choix serbe 2015
a été attribué à Kamel Daoud Meursault,contre enquête Actes Sud

mardi 5 mai 2015
Le Goncourt du premier roman 2015
a été attribué à Kamel Daoud Meursault,contre enquête Actes Sud

Discours de Régis Debray:

Prix Goncourt du Premier Roman à Kamel Daoud

Il est assez rare que des livres soient des actes. Il est assez rare que la littérature soit pratiquée et pas seulement considérée comme une tauromachie. Michel Leiris vous en aurait sans doute félicité. Il n’est plus des nôtres, les Goncourt sont heureux de le faire à sa place, un peu tard peut être, mieux vaut tard que jamais. Vous êtes, je crois, un chroniqueur abondant et un écrivain rare. Avec Meursault contre enquête vous vous exposez à la corne acérée du taureau. Le taureau au front bas, pieux, bête et méchant – vous l’avez frôlé, et vous êtes sur sa liste noire. C’est tout à votre honneur, et aussi à l’honneur de cet art risqué qu’on appelle la littérature, qui est à son meilleur quand elle cesse d’être un art d’agrément, un signe de distinction ou un jeu avec les mots.
Je crois savoir que vous n’êtes pas un type de bonne composition, mais d’assez mauvaise humeur qui ne craint pas de déplaire ni d’aller à contre-courant. Un exemple d’homme révolté, aurait dit Camus, votre compagnon, votre alter ego. Un emmerdeur, en colère. En colère contre les autres, c’est rituel et c’est facile. On sent en vous lisant que votre âpreté est d’une autre nature, que vous êtes vous, en colère contre vous, vos fantômes et vos fantasmes et contre la situation faite aux vôtres – ce qui ne va jamais sans risque. C’est celui que court tout intellectuel digne de ce nom, je veux dire celui qui se retourne avec des mots ou des images contre les siens tout en restant chez lui, au milieu des siens. Hurler avec les loups contre les vieux ennemis de la tribu, faire chorus avec l’opinion – tout un chacun peut le faire. Ces préposés, au consensus tous nos médias en raffolent. Passer pour traitre à son pays dans son pays lui-même, c’est le sort que doit endurer quiconque a le courage incongru de la vérité crue. Vous n’êtes pas le premier dans cette manière et j’espère bien que vous ne serez pas le dernier.
Pour tout vous dire, je ne vous connaissais pas quand j’ai reçu votre livre et survolé votre quatrième de couverture. Je me suis dit, « bon, un règlement de compte avec le colonisateur, le colonisé va lui renvoyer la balle, élever la voix au nom des humiliés et des offensés contre un humaniste altier, un Camus assez dédaigneux ou distrait pour ne pas donner un nom ou un prénom à l’Arabe tué par Meursault. » Je m’étais trompé. Le tiers-mondiste, c’est bien ; la probité, ce n’est pas mal non plus. Avec vous, l’altercation ou l’explication, au sens « sors un peu mon gars on va s’expliquer dehors », ce n’est pas seulement avec le Français, le pied-noir qu’elle a lieu, c’est avec votre histoire, votre religion, vos souffrances et votre présent. Ce qui fait de ce premier roman autre chose qu’une fiction autour d’une fiction, un récit de famille contre une autre famille, mais une plongée dans l’histoire réelle, dans le plus obscur d’une histoire de désillusions et de rêves avortés, qui nous est commune. Chacun sa famille, mais, sachez-le, elles se rejoignent. Oran n’est pas si loin de Paris… L’important est que cette réalité, vous l’ayez transfigurée par une langue à la fois classique et charnue.
Vous avez rapatrié L’Étranger dans la culture algérienne, fait de Camus un indigène à part entière, si je puis dire. Un écrivain qui parle de vous et à vous, arabes, Algériens, maghrébins. Eh bien, votre contre-enquête algérienne, écrite dans un français que peu de Français savent encore écrire ou même parler, sachez que nous la rapatrions à notre tour dans le trésor de notre littérature, je devrais dire la Littérature, celle qui peut faire de nous un peu mieux que des confrères, des frères. Vous êtes de ceux qui rétablissent une relation d’égalité entre les deux rives de la Méditerranée, le cimetière marin que nous avons en partage. Une fraternelle réciprocité.
Encore merci, cher Kamel. On a tous ici envie de vous dire, continuez c’est bien parti, on se reverra bientôt. Pour nous tous, ce prix n’est pas un au-revoir, c’est un bonjour.

Régis Debray
5 mai 2015

mardi 5 mai 2015
Le Goncourt de la nouvelle 2015
a été attribué à Patrice Franceschi Première personne du singulier Points


mardi 5 mai 2015
Le Goncourt de la poésie Robert Sabatier 2015
a été attribué à William Cliff pour l'ensemble de son œuvre, Gallimard.


mardi 5 mai 2015
Paule Constant, Françoise Chandernagor et Bernard Pivot

le 5 mai 2015, lors de l'attribution des Goncourt du 1er roman, de la nouvelle et de la poésie Robert Sabatier.

mardi 7 avril 2015
Sélection pour le Goncourt du 1er roman 2015
Miguel Bonnefoy Le voyage d'Octavio Payot-Rivages
Kamel Daoud Meursault,contre enquête Actes Sud
Kiko Herrero Sauve qui peut Madrid! P.O. L
Jean-Noël Orengo La Fleur du Capital
Grasset

mardi 7 avril 2015
Sélection pour le Goncourt de la nouvelle 2015
Patrice Franceschi Première personne du singulier Points
Régis Jauffret Bravo Seuil
Christophe Langlois Finir en beauté
l’Arbre vengeur
Bernard Quiriny Histoires assassines Rivages

mardi 7 avril 2015
Sélection pour le Goncourt de la poésie/Robert Sabatier
William Cliff, Pierre Oster, Franck Venaille.



Le Centre national du livre, partenaire de l’Académie Goncourt.


L'académie Goncourt bénéficie du soutien de la Ville de Paris.